Conjectural Syllogism











{November 8, 2008}   The Sadness of the Moon


Ce soir, la lune rêve avec plus de paresse;
Ainsi qu’une beauté, sur de nombreux coussins,
Qui d’une main distraite et légère caresse
Avant de s’endormir le contour de ses seins,

Sur le dos satiné des molles avalanches,
Mourante, elle se livre aux longues pâmoisons,
Et promène ses yeux sur les visions blanches
Qui montent dans l’azur comme des floraisons.

Quand parfois sur ce globe, en sa langueur oisive,
Elle laisse filer une larme furtive,
Un poète pieux, ennemi du sommeil,

Dans le creux de sa main prend cette larme pâle,
Aux reflets irisés comme un fragment d’opale,
Et la met dans son coeur loin des yeux du soleil

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The Moon more indolently dreams tonight
Than a fair women on her couch at rest,
Carressing, with a hand distraught and light,
Before she sleeps, the contour of her breast,

Upon her silken avalanche of down,
Dying she breathes a long and swooning sigh;
And watches the white visions past her flown,
Which rise like blossoms to the azure sky.

And when, at times, wrapped in her languor deep,
Earthward she lets a furtive tear-drop flow,
Some pious poet, enemy of sleep,

Takes in his hollow hand the tear of snow
Whence gleams of iris and of opal start,
And hides it from the Sun, deep in his heart.

Charles Baudelaire



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